Cultiver le décors : vers la production de scénographies en mycomatériaux 

Année pré-doctorale SACRe (recherche-création) au sein du Groupe Symbiose de l'EnsadLab. 

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Malgré un intérêt croissant pour l’écoconception de la part des scénographes et des équipes techniques des théâtres, la construction de décors en volume demeure majoritairement fondée sur des approches linéaires du design et sur l’usage de matériaux d’origine pétrochimique non renouvelables.

L’émergence des biomatériaux, et en particulier des mycocomposites, ouvre de nouvelles perspectives de pratiques circulaires de sculpture et de moulage, encore peu intégrées aux ateliers de construction.

Cette thèse se propose d’explorer la création d’objets écoscénographiques en mycocomposites. Elle vise à adapter les procédés de mise en culture du mycélium aux enjeux techniques et esthétiques du décor en volume, en mobilisant une approche morphostructurale intégrée de la biofabrication.

Seront ainsi expérimentées et scénographiées les interactions entre forme — par le moulage externe, brut ou ornemental —, structure — par l’intégration d’âmes modulaires —, et matière — par la modulation des propriétés mécaniques et expressives du réseau mycélien.

Une double enquête menée auprès des ateliers de construction d'un théâtres et du LERMAB (Laboratoire d'Études et de Recherche sur le Matériau Bois) permettra de croiser pratiques, savoirs, contraintes et verrous, tant dans la production de volumes scénographiques que dans la myciculture appliquée.

Une démarche de création collaborative entre ces structures, inscrite dans le cadre des projets de recherche-développement des étudiants de l’ENSTIB (École Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois rattachée au LERMAB), permettra ensuite de mettre en jeu un ensemble d’objets écoscénographiques archéo-futuristes.

Ces fragments de décors, envisagés comme issus d’un futur situé, incarnent un renouvellement des modes de fabrication des volumes, tant du point de vue des techniques mobilisées que des qualités plastiques produites.

Le décor est ainsi envisagé comme un dispositif de co-fabrication interspécifique avec le vivant.

 

Problématique

Comment une approche morphostructurale de la conception de décors en mycocomposites, envisagée comme un processus de co-fabrication interspécifique, reconfigure les relations entre conception, fabrication et mise en jeu des volumes scénographiques ?

 

Hypothèse

L’intégration du mycélium comme co-créateur vivant au sein d’un dispositif morphostructural adaptatif (moule, structure interne, substrat et environnement contrôlé) entraîne un déplacement du rôle du concepteur et des modalités de collaboration avec les ateliers de construction. Elle articule ainsi maîtrise formelle et mise en condition d’un processus de croissance, transformant les savoir-faire techniques, les pratiques et les régimes esthétiques de la scénographie.

 

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